Concert à Locmiquélic au profit d’ASF

Rendez-vous le samedi 12 mai, salle Artimon à LOCMIQUELIC, pour un concert organisé par Le Vent du Large au profit d’ACCUEIL SANS FRONTIERES… De nombreux artistes seront présents pour animer cette soirée et aussi la participation du KLAK et de Sankôfa et les Sandrofia 😎

Frontière Méditerranée

Jeudi 5 avril 2018 à 20h
La frontière Méditerranée
avec Antoine LAURENT – association SOS Méditerranée
(c) Panzetti – SOS Méditérranée
Résumé :
La méditerranée est une immense frontière physique, infranchissable pour beaucoup de migrants cherchant à fuir la Libye. Entre janvier 2014 et mars 2018, 13 792 personnes ont été recensées comme s’étant noyées en mer Méditerranée centrale par l’Organisation Internationale des migrations. Cette situation dure depuis une vingtaine d’années ; nombreux sont ceux qui ont disparu sans témoins…
Face à cette tragédie des naufrages à répétition, un groupe de citoyens européens, décidés à agir, a fondé en 2015 l’association «  SOS Méditerranée ». Grâce à une mobilisation exceptionnelle de la société civile européenne, SOS Méditerranée a affrété un navire de 77 mètres, l’Aquarius. Ce navire a  débuté les opérations de sauvetage en 2016 au large des côtes libyennes, permettant de secourir plus de 27 000 personnes à ce jour. Antoine LAURENT témoignera de son expérience personnelle et présentera la situation actuelle dans son contexte géopolitique. Un échange avec le public conclura cette soirée comme d’habitude.

Avant la conférence, une rencontre avec des élèves du lycée est prévue dans l’après-midi.

Antoine LAURENT témoignera de son expérience personnelle, présentera un film documentaire et expliquera le contexte géopolitique. Un échange avec le public conclura cette soirée comme d’habitude.
(c) Fabian Mondl  – SOS Méditerranée
Bio :
Ancien élève du Lycée Dupuy de Lôme et diplômé de l’École Nationale Supérieure Maritime, Antoine Laurent a travaillé, entre autres, sur des navires de prospection pétrolière.
En 2016 il a rejoint SOS Méditerranée et l’Aquarius comme marin volontaire.
Depuis un an il gère les opérations à partir de Paris pour l’association.

Vacances

Ce matin une famille en procédure de ré-examen de demande d’asile – non prise en charge par l’OFII – s’est installée, pour 15 jours, dans l’appartement prêté par A.

Celui-ci s’absentant quelque temps a mis son logement à disposition, plutôt que de le laisser vide, inutile. Merci à lui.

Si vous aussi vous voulez mettre à disposition ponctuellement votre logement, n’hésitez pas à nous contacter …

Courrier aux députés

Alors qu’ils vont devoir prendre position sur le projet de loi «Immigration et Asile» notre collectif a décidé de solliciter rendez-vous auprès des députés du Pays de Lorient.

Voici le courrier qui leur a été adressé ce jour :

Les étapes de la demande d’asile

Pour introduire sa demande d’asile auprès de l’Ofpra, la personne exilée doit se rendre auprès d’une association missionnée par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). En Morbihan c’est l’association COALLIA qui a cette charge de «service de premier accueil».

Suite à ce 1er rendez-vous, une rencontre en préfecture de Rennes est fixée (généralement il faut y être le jour dit à 8h15). Un entretien individuel est réalisé pour retracer le parcours depuis le pays d’origine et les empreintes de la personne sont relevées, en vue, notamment, de déterminer le pays responsable de l’examen de la demande d’asile.

À l’issue de cet entretien, le demandeur d’asile sera placé en procédure accélérée (s’il vient d’un pays dit «sûr») ou normale (dans le cas contraire). Il peut être aussi placé en procédure Dublin, si la France estime ne pas en avoir la responsabilité. En effet, selon le règlement Dublin III, l’État responsable de l’examen d’une demande d’asile est – soit le premier pays de l’Union Européenne dans lequel la personne a été contrôlée – soit l’État qui a accordé un visa ou un titre de séjour.

Le même jour dans la foulée, le demandeur d’asile rencontrera un·e employé·e de l’OFII qui lui indiquera que l’ OFII va essayer de lui proposer un hébergement  et lui expliquera le fonctionnement de l’Allocation pour Demandeur d’Asile. À la fin de l’entretien, le demandeur d’asile doit signer une Offre de Prise en Charge, par laquelle il accepte d’avance toute proposition d’hébergement – où et quand que ce soit  – sous peine de perdre ses droits à l’ADA.

Une fois enregistré, le demandeur d’asile se voit remettre une attestation d’une durée d’un mois (à renouveler à la préfecture de Vannes). Il dispose de 21 jours pour compléter et envoyer, en recommandé, le dossier de demande d’asile rempli à l’Ofpra (sauf s’il est en procédure Dublin, auquel cas il doit attendre la réponse du pays «Dublin»). Il faudra aussi, dans les jours suivants, retourner à Coallia pour préparer l’ouverture de divers droits (domiciliation postale, couverture maladie universelle, tarif solidaire pour les transports locaux).

L’étape suivante, quelques semaines ou mois plus tard, consistera en un entretien dans les locaux de l’Ofpra, situé en région parisienne. En principe, l’Ofpra statue sur la demande dans un délai de six mois sauf procédure accélérée où le délai est porté à quinze jours. La décision est, ensuite, envoyée au demandeur d’asile par courrier recommandé avec accusé de réception. Si elle est négative, la personne déboutée dispose d’un mois à partir de la date de notification de la décision de l’Office pour former un recours devant la Cour nationale du droit d’asile (CNDA).

En chiffres
Selon des statistiques publiées par l’Ofpra, 35 % des requérants ont obtenu l’asile en 2016. Ce taux varie fortement d’une nationalité à l’autre.
Parmi le top cinq, à noter : le Soudan (5 866 demandes et 33 % d’accord), l’Afghanistan (5 641 demandeurs et 80 % d’accord), Haïti (4 854 et 5 % d’accord), l’Albanie (4 599 et 5 % d’accord) et la Syrie (3 562 et 97 % d’accord). L’an passé, près de 43 000 personnes ont été placées sous la protection de l’Ofpra au titre, notamment, du statut de réfugié. Un chiffre en hausse de 17 % par rapport à 2016.

Zéro dialogue

La famille X est arrivée en France en juillet dernier. Lors de l’enregistrement de la demande d’asile, en août, l’OFII (Office Français de l’Immigration et de l’Intégration) leur a expliqué que sa mission était d’assurer une prise en charge des demandeurs d’asile et que dans ce cadre l’OFII allait leur faire une proposition d’hébergement.

Comme bien souvent, aucune proposition d’hébergement n’est venue. La famille a été hébergée par des bénévoles pendant de nombreuses semaines. Les enfants ont commencé une scolarisation dans une école de Lorient. Quand elle a commencé à toucher l’ADA (allocation pour demandeur d’asile), la famille a pu louer, avec l’aide d’une association habilitée à faire de l’intermédiation locative, un petit appartement.

Pendant toute cette période (6 mois), l’OFII n’a fait aucune proposition et ne s’est enquis de rien.

Il y a une semaine, un courrier est arrivé annonçant que la famille devait se rendre en CADA dans la région de Vannes. Zéro dialogue, aucune question sur la situation de la famille ni la scolarisation des enfants, juste une «notification à se présenter à un hébergement pour demandeur d’asile» sous peine de perdre le bénéfice des Conditions Matérielles d’Accueil (c’est à dire, en l’occurrence, l’ADA).

Nous sommes choqués par cette manière de faire. Une telle «orientation» d’office peut se justifier dans les quelques premiers jours ou semaines après l’enregistrement de la demande. Mais quand l’OFII a laissé les gens se débrouiller pendant des mois, il pourrait a minima s’enquérir de la solution qu’ils ont pu mettre en place et demander si le placement envisagé en CADA convient.

Il y a là, à nos yeux, à tout le moins, une désinvolture administrative qui nous désole.

Droit d’asile : ce qui ne va pas

Dans son activité d’accompagnement amical et social des demandeurs d’asile ces derniers mois, le Collectif Accueil en Pays de Lorient a eu l’occasion d’observer des dysfonctionnements, des carences et d’imaginer des améliorations possibles. Il a adopté, lors de sa réunion du 9 février 2018, le texte de synthèse ci-dessous.


Errance

Ce matin, à la permanence du collectif (mercredi de 10h30 à 12h en salle A01 de la cité Allende), est arrivée une famille venue d’Afghanistan, trois enfants (13, 14  et 15 ans) et les parents, dont Madame enceinte de 4 mois (mais sans document l’attestant).

Après un mois de voyage (Pakistan, Iran, Turquie, Grèce), ils sont arrivés à Lorient lundi. Ils ont sollicité abri auprès du SIAO (Service Intégré d’Accueil et d’Orientation) qui a interrogé la préfecture. Verdict : pas de mise à l’abri pour cette famille cette semaine ; revenir la semaine prochaine.

Ne voulant pas passer une troisième nuit dans le parc Jules Ferry, désespérant trouver accueil à Lorient, ils ont repris leur errance avec le vague espoir de trouver refuge à Nantes.

20 000 km

Vendredi dernier nous avons franchi le cap des 20 000 km parcourus en accompagnement de demandeurs d’asile à Vannes ou à Rennes dans le cadre de leur procédure.

Ce chiffre s’entend depuis que nous organisons ces accompagnements de manière systématique (c’est à dire juillet dernier), auparavant il y avait déjà des accompagnements.

Cela est dû à des dispositions administratives débiles :

  • la domiciliation à Vannes (l’adresse postale attribuée aux demandeurs d’asile est à Coallia, c’est là-bas qu’ils doivent récupérer leur courrier).
  • la pratique inadaptée du recommandé (impossibilité de fait de bénéficier du service de nouvelle présentation)
  • le renouvellement d’attestation de demande d’asile à des intervalles inutilement fréquents (le 1er renouvellement doit être fait au bout d’un mois !)
  • la centralisation à Rennes de tous les rendez-vous OFII (visites médicales, problème de carte ADA …)

Si vous pouvez participer, ne serait-ce que parfois, à ces accompagnements à Vannes ou à Rennes, contactez-nous !